580.

ENSOR, James

Coquillages. Dessin dédicacé à Blanche Hertoge. Dans l'ouvrage de Paul Fierens - James Ensor.

Paris, Hypérion, (1943)

Grand in-4° : 164-[2] pp.

Percaline maroquinée rouge, dos fleuronné doré à 5 nerfs, couv. ill. cons. (lég. piquée, lég. mouillures, plat inf. lég. souillé).

Édition originale de cette monographie illustrée de 16 reproductions en quadrichromie collées et de nombreuses reproductions en noir.
Ex. enrichi au verso du faux-titre d'un dessin aux crayons de couleur, vélin 11,5 x 19 cm, non signé, collé par les coins, - et sur le titre d'une dédicace aut. s. au crayon rouge "Un bon souvenir de James Ensor pour amuser Blanche Hertoge. Ostende, premier mai 1943".
Joli dessin aux délicats coloris typiquement ensoriens figurant trois coquillages exotiques posés sur le bord d'une cheminée. On sait que la mère du peintre tenait à Ostende un magasin de souvenirs, masques de carnaval, coquillages et autres brimborions que le peintre évoque comme source d'inspiration : "A Ostende, déclare Ensor, dans la boutique de mes parents, j'avais vu les lignes ondulées, les formes serpentines des beaux coquillages, les feux irisés des nacres [...]" (cité par Fierens, p. 10). Particulièrement inspiré par le monde marin, Ensor exécuta de nombreuses oeuvres représentant des coquillages, soit seuls soit combinés avec d'autres objets dans des natures mortes. La monographie de Fierens reproduit d'ailleurs 3 toiles de 1896 et 1898 dévolues à ce motif (pl. 97, 105 et 125).
Notre dessin est inconnu et n'a jamais été reproduit.
Blanche Hertoge (1884-1951) était une amie et voisine d'Ensor. Tante du cinéaste d'origine ostendaise Henri Storck, belle-soeur du peintre brugeois Armand Delwaide, amateure d'art, elle tenait dans l'Adolf Buylestraat un petit magasin d'articles féminins (d'où son surnom de "Madame Pantalon") à l'étage duquel elle avait ouvert vers 1929 une galerie d'art nommée "Le Studio". Elle y organisait des expositions/ventes de peintres amis, tout spécialement Ensor qui y exposait en permanence ses eaux-fortes, ainsi que des concerts de piano et de harpe. Dans sa préface à une de ces expositions ("Marines", 2-21 juillet 1931), Ensor évoquait Banche Hertoge : "Et je loue à bon escient toutes les qualités de Mlle Blanche Hertoge la directrice ardente et inlassable du "Studio" d'Ostende. L'aimable organisatrice donne son coeur, ses mains et son temps aux exposants ; son studio est un endroit charmant, un refuge captivant, cher aux artistes de tous les temps" (cité par Hostyn). Un des centres de la vie artistique et culturelle d'Ostende, la galerie qui perdura jusqu'en 1947 affiche un impressionnant palmarès, avec des expositions consacrées à Spilliaert, Labisse, Van Paemel et bien d'autres peintres belges de l'époque. Outre plusieurs dédicaces, nous connaissons un autre témoignage de cette amitié de longue date : en 1930, Ensor enlumina pour Blanche Hertoge un exemplaire de ses "Écrits" avec cette dédicace : "à la plus artiste de mes amies passées, présentes et à venir" (cf. Librairie Henri Godts, vente publique, décembre 2012, n. 43).
Réf. Norbert Hostyn, De Galerij "Sudio" : bloeiende kunstgalerij te Oostende tijdens het interbellum, http://www.vliz.be/imisdocs/publications/315389.pdf.

€ 20.000 / 30.000

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